Archive for the ‘Shoah’ Category


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(Ph. BCFYV / DR).

Du 11 au 14 avril 2010
la Fondation France-Israël
invite des descendants
de Justes parmi les Nations
à Jérusalem et à Tel-Aviv…

Nicole Guedj :

- « Des valeurs en partage.

Créée en 2005 à l’initiative des Etats français et israélien, la Fondation France-Israël, a pour vocation de contribuer au rapprochement des deux sociétés civiles dans les domaines de l’économie, de la culture, de la recherche et de l’éducation.

Français et Israéliens ont vécu, au cours de leur histoire, des temps de grande proximité et des temps d’éloignement. Aujourd’hui, Français et Israéliens travaillent ensemble au sein de la Fondation pour dynamiser l’héritage commun qui unit ces deux peuples : mieux se comprendre pour mieux entreprendre, telle est notre devise.

Le rapprochement entre la France et Israël ne pourra se faire sans l’engagement des jeunes générations. Pour les rassembler autour de projets contemporains, j’ai tenu à créer une branche jeunesse au sein de la Fondation.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet « MEMOIRES DE JUSTES», un voyage de petits-enfants de Justes Français en Israël, en avril 2010, le mois de « Yom’ A Shoah ».

L’histoire des Justes parmi les Nations, ces hommes et ces femmes d’exception qui ont sauvé des Juifs pendants la Seconde Guerre Mondiale, est emprunte de courage, de dévouement et d’humilité. Aujourd’hui, nous voulons célébrer leur mémoire et la transmettre, en exemple, aux nouvelles générations françaises et israéliennes.

Forts de cette histoire, nourris de cette mémoire, nous voulons, ensemble, nous tourner vers l’avenir. »

Nicole Guedj,
Ancien ministre,
Président de la Fondation France-Israël.

Logo de la Fondation présidée par Nicole Guedj (Ph. F F-I, mont. JEA / DR).

Du 11 au 14 avril 2010, une délégation de descendants de Justes Français se rendra donc en Israël pour témoigner de leur histoire et appréhender la réalité de la société israélienne.

Programme élaboré par la Fondation :

Promenade dans la ville sacrée de Jérusalem.

Visite de la Knesset.

Cérémonie de commémoration de la Shoah.

Visite du Mémorial de Yad Vashem.

Rencontre avec des rescapés.

Visite du Musée de l’indépendance.

Découverte de Tel Aviv.

Renseignements et informations auprès de la Fondation France-Israël :

3, avenue Hoche – 75008 Paris
Tél. : 01.47.64.95.50 – Fax : 01 77 37 41 08
http://www.fondationfranceisrael.org/

(Ph. F F-I / DR).

Ce projet a reçu le soutien du Comité Français pour Yad Vashem. Ce que confirmait sur Radio J, Paul Schaffer, Président du Comité :

- « Au nom du comité français pour Yad Vashem j’exprime ma reconnaissance à Nicole Guedj, Présidente de la Fondation France-Israël, pour avoir organisé le voyage en Israël de quelques enfants et petits enfants de « Justes parmi les Nations » que nous honorons en France.
Ils reviendront sans aucun doute avec une meilleure connaissance de l’Institution de Yad Vashem, et constateront l’immense respect et estime accordés aux Justes.
Je suis sûr que ceux qui visiteront pour la première fois ce jeune pays, se rendront compte, à quel point Israël, si on exclut les grandes avancées techniques, est l’aventure humaine la plus extraordinaire du XXème siècle.
J’espère qu’à leur retour en France ils poursuiveront avec notre Comité. l’amicale relation déjà établie. » (4 avril).



mar 8 2010

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La Chambre de Commerce et d’Industrie du Maine-et-Loire
- Responsable pédagogique : Norbert Bensaadon -


programme du 9 au 12 mars
(les travaux se prolongeront jusqu’au 26 mars)
une série de conférences

« Histoire et mémoire de la Shoah.
Devoir de mémoire. »

au Centre Pierre Cointreau,
132 avenue Delattre de Tassigny à Angers


Auschwitz (Graph. JEA / DR).

Mardi 09/03/2010 de 9h10 à 12h10
Alain JACOBZONE, professeur agrégé d’histoire,
Le régime de Vichy, le pétainisme et le destin des Juifs en Anjou (1940-1944).


- « Né en 1948, professeur agrégé d’histoire, il enseigne au lycée Bergson à Angers. Il s’est d’abord fait connaître par ses travaux sur la première guerre mondiale, vécue à l’arrière dans les tranchées (« En Anjou, loin du front » et « Sang d’encre »).
Spécialiste de l’Occupation, il a publié un excellent ouvrage sur la déportation des juifs en Anjou : « L’éradication tranquille ». Alain Jacobzone, mesure mieux que quiconque les enjeux de ce travail d’information. Il continue d’explorer les infinies souffrances endurées par les civils dans les guerres modernes dont ils sont bien, comme les soldats des victimes.
«Beaucoup croient que, parce qu’elles sont civilisées, nos sociétés sont immunisées contre la violence. C’est faux. L’histoire en tant que discipline de débats contribue à le rappeler.»

Sera évoqué « le convoi n°8 de déportés d’origine juive parti d’Angers le 20 juillet 1942 vers Auschwitz. Sur les 824 juifs dont 430 femmes, 800 sont entrés dans le camp. Une grande partie d’entre eux furent massacrés à l’intérieur du camp de Birkenau. À la fin de la guerre, seuls 20 survivants, dont 2 femmes, reviendront. »

Mercredi 10/03/2010 de 9h10 à 10h05
Angelina PELTIER, psychologue du travail,
L’expérience de Milgram, degré d’obéissance et processus de soumission à l’autorité.

- « Chargée de recrutement et de formation au début de sa carrière en 1997, elle devient chargée de recherche en 1998 puis responsable adjointe du site télémarketing de la Caisse d’Epargne de Bretagne en 1999.
C’est au Futuroscope de Poitiers en 2000, qu’elle devient chargée de mission auprès
de la Direction des Ressources Humaines. Elle y forme les managers à la technique de recrutement, elle créé les outils de pilotage des Ressources Humaines et sensibilise à l’ergonomie.
En 2000, elle est consultante en ressources humaines à l’Institut Florian Mantione et est depuis 2001, coordinatrice du pôle mesures pour l’emploi au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Maine-et-Loire. Elle prend en charge les bilans de compétences et les Validations des Acquis de l’Expérience.
Dynamique et à l’écoute de l’air du temps, elle projette de s’orienter vers l’insertion des travailleurs handicapés et des seniors de plus de 50 ans. Ce serait l’occasion pour elle, de mettre à leur service ses compétences d’ergonome du travail. »

Auschwitz (Graph. JEA / DR).

Mercredi 10/03/2010 de 10h20 à 12h10
Alban PERRIN, intervenant du Mémorial de la Shoah,
Auschwitz et la solution finale.


- « En 1950, Isaac Schneersohn décide de créer un Tombeau-Mémorial destiné aux victimes de la Shoah. Cette idée suscite l’opposition d’une partie de la communauté juive qui ne voulait pas « d’une institution tournée vers le passé ». Isaac Schneersohn s’attache alors à fonder un large comité de parrainage comprenant de nombreuses personnalités. Lorsque le chef du gouvernement du très récent Etat d’Israël est sollicité, David Ben Gourion prend conscience que le premier Mémorial dédié aux victimes juives du nazisme verrait le jour à Paris. Aussi très vite, l’Etat d’Israël crée Yad Vashem, à Jérusalem, avec qui le CDJC établit des liens privilégiés.
La première pierre du Mémorial est posée le 17 mai 1953 à Paris. Plusieurs pays, la France, la Belgique, le Luxembourg, la Yougoslavie contribuent à la construction du Mémorial par la donation d’une oeuvre d’art.
Le bâtiment est inauguré le 30 octobre 1956 en présence de 50 délégations des communautés juives du monde entier. Des cendres provenant des camps d’extermination et du ghetto de Varsovie sont solennellement déposées le 24 février 1957 dans la crypte du Mémorial par le grand rabbin Jacob
Kaplan. Classé monument historique depuis 1991, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu accueille chaque année les principales cérémonies liées à la Shoah.
Le CDJC, qui avait déménagé à Paris après la Libération, a trouvé en 1956 une place naturelle dans les murs du Mémorial.
Le développement du centre de recherche sur la Shoah, devenu l’un des tout premiers en Europe, comme celui des activités du Mémorial, notamment en direction des publics scolaires, ont amené le
conseil d’administration à la création du Mémorial de la Shoah.Achevée fin 2004, une extension du Mémorial a permis notamment d’offrir davantage de place aux chercheurs dans les salles de lecture, de déployer l’exposition permanente sur l’histoire de la Shoah, de créer un espace multimédia, un auditorium et d’ériger à l’extérieur du bâtiment « le Mur des noms» où ont été gravés les noms de tous les Juifs déportés de France. »

Jeudi 11/03/2010 de 15h30 à 17h20
Docteur Henri BORLANT, dernier survivant du convoi n° 8,
Témoignage de la déportation raciale des Juifs vers des camps d’extermination

- « Né à Paris dans une famille d’immigrés juifs russes de neuf enfants, Henri Borlant a 12 ans en 1939. Le 13e arrondissement de Paris ayant organisé l’évacuation de ses familles nombreuses juste avant la déclaration de guerre, les Borlant se réfugient à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire). Les enfants sont scolarisés dans l’école catholique du village et baptisés.
Le 15 juillet 1942, veille des rafles du Vél d’Hiv à Paris, des Allemands arrêtent une partie de la famille. Emprisonnés au Grand Séminaire d’Angers, Henri, son père, son frère Bernard et sa soeur Denise sont déportés le 20 juillet d’Angers vers Birkenau (Auschwitz II), en Pologne. « Le grand camp où il y aura plus de 100 000 personnes, avec plusieurs crématoires et chambres à gaz, n’existait pas encore, puisque c’est nous qui le construirons », témoigne-t-il.
Victime très tôt du typhus et de la dysenterie, il vivra l’enfer dans trois camps, échappant de justesse aux sélections du docteur Mengele pour la chambre à gaz. Son père et son frère mourront à Auschwitz. Le 3 avril 1945, Henri s’évade avec un ami du camp d’Ohrdruf, annexe de Buchenwald (Allemagne), que les nazis évacuent. Réfugiés chez un boucher antinazi, ils voient débarquer les premiers soldats américains, qu’ils amènent au camp d’Ohrdruf, jonché de cadavres. Alerté, l’état-major américain découvre l’horreur nazie dans ce camp.
Après-guerre, atteint par la tuberculose, Henri se lance dans des études de médecine et épouse une Allemande. Le docteur Borlant a mis du temps avant de revenir à Birkenau. « On oublie aussi pour survivre », estime-t-il. Dans les années 1980, il s’engage dans l’association Témoignage pour mémoire, puis au sein de la Fondation pour la mémoire de la déportation. Il dit continuer aujourd’hui à chercher le pourquoi de l’Holocauste et des autres génocides. »

Vendredi 12/03/2010 de 10h20 à 12h10
Odette BERGOFFEN, Juste parmi les Nations,
Professeur Alfred SABBAH, délégué régional du Comité Français pour Yad Vachem,
La résistance silencieuse : de l’enfant caché à la reconnaissance des Justes parmi les Nations

- « Odette Bergoffen, 83 ans, reconnue Juste parmi les Nations, s’était engagée à 17 ans comme agent de liaison du réseau Confrérie Notre-Dame de Castille.
Odette Bergoffen participa au sauvetage de Mme Moscovici et ses deux enfants, Jean-Claude, 6 ans (en 1942) et Liliane, 2 ans (en 1942), elle les hébergea chez sa tante au village de Morannes. Elle reçut l’aide d’un des chefs de la résistance Jean Meunier, qui leur fournit de faux papiers et des cartes d’alimentation.
« Et si c’était à refaire, je repartirais sans la moindre hésitation ! »
Pour Alfred Sabbah, président de la communauté israélite du Maine-et-Loire, la clé contre l’oubli, c’est « la transmission par l’enseignement ».

Vendredi 12/03/2010 de 13h30 à 15h00
Bernard MAINGOT, Clément QUENTIN, résistants déportés,
La déportation politique.


- « Bernard Mingot,
Né le 20 mai 1925,
Employé dans le secteur alimentaire.
Résistance : LIBRE-NORD – agent de liaison.
Arrêté par la gestapo le 19 février 1944.
Prisons : Angers – Compiègne,
MAUTHAUSEN le 8 avril 1944 – matricule 62739,
Kommandos : MELK – EBENSEE.

Clément Quentin,
Né le 18 septembre 1920,
Cultivateur.
Arrêté le 26 avril 1944.
Prisons : Angers – Compiègne,
Déporté le 18 juin 1944,
Libéré le 29 avril 1945 du camp de Dachau. »

NB : Extraits de la brochure CCI de Maine et Loire, laquelle présentante ces conférences.



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Mairie du XVIe arrondissement de Paris (Ph. BCFYV / DR).

Pierre et Marie-Jeanne Batt
Robert et Marie Borgeon
Michel-Marcel et Francisca Tendero
Alfred Thimmesch
autant de Justes parmi les Nations

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Le 25 février 2010, une cérémonie exceptionnelle a marqué la reconnaissance de 7 nouveaux Justes dans les salons d’honneur de la Mairie du XVIe arrondissement à Paris. Cérémonie exceptionnelle du moins pour les parents et pour les proches non seulement de ces Justes ainsi aussi des juifs ainsi arrachés à la Shoah, exceptionnelle encore pour toutes celles et tous ceux qui s’impliquent dans le travail de mémoire, mais sans doute pas pour le Maire dont l’absence ainsi que celle de tout délégué, ne sont pas passées vraiment inaperçues…
 Michel Lugassy-Harel, Ministre aux Affaires étrangères auprès de l’Ambassade d’Israël à Paris ainsi que
Paul Schaffer, Président du Comité Français pour Yad Vashem, prirent la parole au cours de cette cérémonie organisée par Jean-Claude Roos, lui-même Délégué du Comité Français pour Yad Vashem. Ont donc été saluées les figures si différentes mais toutes exemplaires de ces 7 Français qui ont tout risqué pour quelques persécutés que la Shoah devaient faire disparaître. L’un de ces Justes, Alfred Thimmesch, en perdit même la vie, déporté qu’il fut au sinistre camp de Mauthausen.

Voici une brève synthèse des dossiers constitués à Yad Vashem pour ces nouveaux Justes parmi les Nations.

Pierre et Marie-Jeanne Batt :

- « Philippe MULLER (né le 30/11/27) a tenu à témoigner pour ce dossier. Son grand-père, Louis MULLER arrive d’Allemagne à la fin du 19ème siècle. Il y fonde les Papeteries Louis MULLER et les dirige avec son fils.

Avant la guerre, la famille de Philippe habitait à Paris. Ses deux parents, Marcel et son épouse Germaine, nés tous deux à Paris, avaient la nationalité française. Début septembre 1940, cette famille s’installe à Grenoble. Là, les Muller font la connaissance de Marie-Jeanne BATT. Son mari est prisonnier en Allemagne et sera rapatrié en 1941 ou 1942.

En janvier 1942, les rejoignent à Grenoble Alfred MULLER (frère de Marcel) et sa famille, ainsi qu’un neveu, Jacques MULLER (dont le père a déjà été déporté). Marie-Jeanne BATT leur loue un bureau, qui fait office de succursale des Papeteries.

Le 11 novembre 1942, Grenoble est occupée par l’armée italienne. Puis, le 8 septembre 1943 les Allemands remplacent les Italiens. La famille MULLER prend ses distances et déménage pour Voiron (Isère) chez M. et Mme MICHALAT. Elle garde son identité.

Le 9 mars 1944, la Milice arrête les parents et occupe la villa des MILLER. Après deux semaines difficiles d’interrogatoire et de sévices, les parents sont libérés et ramenés à Voiron, non sans avoir été dépouillés de tous leurs biens tandis que la Milice abandonne la villa.
Sans perdre de temps, les MULLER entrent en contact avec les BATT à Grenoble. Ces derniers décident de les héberger dans leur propre appartement. Les persécutés y restent 8 jours, le temps pour Pierre BATT, typographe, en contact avec la Résistance, de leur procurer des faux papiers au nom de MANSARD et de leur fournir deux lieux d’hébergement :
- le père est hébergé au sanatorium de Saint Hilaire du Touvet (Isère) grâce au concours d’une infirmière, Mme PICARDEL ;
- la mère et le jeune Philippe sont logés dans un petit hôtel à Goncelin (Isère).
Entre avril 1944 et la Libération, Pierre et Marie-Jeanne BATT viennent tous les dimanches à Goncelin pour rendre visite à Germaine et à Philippe et leur apportent des nouvelles de Marcel. »

Robert Borgeon (BCFYV/DR)

Robert et Marie Borgeon :

- « Mme Madeleine GOLEBIOWSKI, veuve ROMEN, est née en 1935 à Paris. Elle eut à cœur de témoigner en faveur du couple BORGEON Robert et Marie, tous deux décédés.

Les parents de Madeleine, originaires de Radom, ont quitté la Pologne dans les années 1930 et se sont installés à Paris dans le XIIIe arrondissement où ils travaillaient dans la restauration.
A cause de leurs horaires de travail, ils placèrent leur fille Madeleine en nourrice chez M. et Mme BORGEON à Franconville (alors en Seine et Oise).
En juin 1942, le père de Madeleine fut arrêté, interné à Drancy et déporté à Auschwitz sans retour.
La mère de Madeleine s’est alors réfugiée chez les BORGEON auprès de sa fille. La maman n’y reste que 10 jours car l’environnement se montre trop hostile et les risques de dénonciation sont fort à craindre.
Laissant Madeleine à la garde des BORGEON, la pauvre mère passe en zone dite « libre ». Mais elle a confié les clés de son appartement parisien aux protecteurs de sa fille, lesquels purent ainsi mettre à l’abri des meubles et des bijoux restitués après la Libération.
Marie et Robert BORGEON ont élevé Madeleine comme si elle était leur propre fille et ils la gardèrent jusqu’à que sa mère soit en mesure de la reprendre, soit en 1947. »

Marie Borgeon et Madeleine (BCFYV/DR)

Madeleine garde un souvenir très ému de cette famille qui l’a choyée en dépit du voisinage antisémite et malveillant. Elle était d’ailleurs présentée comme d’origine polonaise mais très catholique.
Le récit de Madeleine est confirmé par des extraits des « Mémoires » de la mère de Madeleine aujourd’hui décédée. Il est complété aussi par le gendre des BORGEON. Ce prisonnier de guerre rentra chez lui au printemps 1944 car libéré en raison de son état de santé. »

Michel-Marcel et Francisa Tendero :

- « Priva Rossak (1900-1985) et Pinkhos Obarjansky (1896-1977) émigrent de Varsovie en 1914. Ils se marient à Paris en 1918 et habitent les Hauts de Belleville. Tous deux exercent la profession de tailleurs. De leur union, naissent 4 enfants :
- Fanny (1919-1985), maman de Simone Faïf,
- Julien (1921-1977),
- Irène (1925-1999),
- et Henri (1929-1992).

En 1935, toute la famille Obarjansky déménage au 42 rue du Château d’Eau à Paris 10e.
En 1937, Fanny épouse Chaskiel Sztarkman, tailleur (né en 1903). Son mari s’engage dans la Légion Etrangère pour participer à la défense de la France. Après l’armistice de juin 1940, vient le temps de sa démobilisation.
Toute la famille fuit alors vers la zone dite « libre ». Elle va jusqu’à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Mais là-bas, les conditions d’existence sont trop précaires et les Sztarkman regagnent leur appartement de rue du Château d’Eau à Paris.
Chaskiel est convoqué au Gymnase Japy, Paris 11e, en juin 1941. Il est aussitôt arrêté, interné à Pithiviers puis à Beaune la Rolande. Déporté à Auschwitz (convoi n°5), il y décède le 25 septembre 1942. Née le 2 février 1942, sa fille Simone n’avait donc pas alors 8 mois….

Par rapport aux Sztarkman, la famille Tendero n’est domiciliée qu’à quelques pâtés de maison, 13 rue du Fbg Saint-Martin. Les Tendero ont 4 filles, Marie-Louise, Antoinette, Lydie Christiane et Michèle.
Irène Obarjansky et Lydie Christiane Tendero sont très amies. Les deux familles entretiennent de bonnes relations.

Dès le début des rafles, alertées par la propriétaire d’un café voisin (renseignée par le bavardage d’agents de police), Mme Obarjansky, ses filles Irène et Fanny, sa petite-fille Simone, trouvent refuge auprès de la famille Tendero qui leur offre généreusement le gîte et le couvert.
M. Tendero, cuisinier, procure de la nourriture à la famille Obarjansky. Ses filles, Lydie Christiane (16 ans) et Antoinette (19 ans) servent de facteur et de coursier.

Pour leur part, M. Obarjansky et son fils Henri se cachent chez un voisin (mort, sans descendance). Julien est déporté en 1943 à Auschwitz, il sera du nombre des survivants de ce camp d’extermination.

Après la Libération, la famille Obarjansky fait franciser son nom en Aubart.
Les familles restent très liées comme l’attestent de nombreux témoignages. Lydie, couturière, travaillera d’ailleurs dans l’atelier de confection des Obarjansky.
Une amie, Rosa Bleckmans, née en 1925, amie des Obarjansky depuis 1942, confirme également ce sauvetage courageusement réalisé par la famille Tendero. »

Alfred Thimmesch :

- « Né en 1901 à Metz, André Thimmesch est entré dans la police en 1923. C’était à Strasbourg.

Au début de la guerre, comme d’autres Alsaciens Lorrains qui refusent le risque de se retrouver nazifiés, il préfère quitter sa région natale.
André Thimmesch est muté à Périgueux, puis à Voiron (Isère). En mars 1942, il y exerce les fonctions de secrétaire de police. Il est marié et père de 3 enfants.

Il entre dans l’armée secrète puis devient responsable pour Voiron du groupe « Police » au sein du mouvement de résistance NAP.
Ses fonctions de secrétaire de police lui permirent d’établir de fausses cartes d’identité et de faux certificats de résidence à des juifs victimes des persécutions raciales. Et ce, de 1942 à février 1944.

André Thimmesch sera hélas dénoncé par l’un de ses propres collègues. En février 1944, il est arrêté par les Allemands qui retiennent contre ce policier-résistant l’ « établissement de fausses cartes d’identité ».
André Thimmesch sera déporté à Mauthausen où il décède en juillet 1944.

A la fin de la guerre, sa veuve et les trois orphelins retrouveront un Strasbourg libéré du joug nazi. » 

Remise du diplôme et de la médaille au nom d’Alfred Thimmesch. Avant-dernier à dr. : Paul Schaffer, Président du Comité Français pour Yad Vashem. A la tribune, Jean-Claude Roos, Délégué. (Ph. DR).

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